LE fond du Puits était ouvert. Sur la plate-forme, l’équipe de pointe était prête à descendre. Elle comprenait Higgins, Hoover, Léonova, Lanson et sa caméra sans film, l’Africain Shanga, le Chinois Lao, le Japonais Hoï-To, l’Allemand Henckel et Simon.
C’était trop, dangereusement trop de monde. Mais il avait fallu donner satisfaction aux susceptibilités des délégations.
Rochefoux, qui se sentait très fatigué, avait cédé sa place à Simon. La présence d’un médecin risquait d’ailleurs d’être utile.
Simon étant le plus jeune sollicita et obtint la faveur de descendre le premier. Il était vêtu d’une combinaison chauffante, couleur citron, botté de feutre gris et coiffé d’astrakan Un thermomètre explorateur avait révélé à l’intérieur une température de moins 37°. Il portait une lampe frontale, un masque à oxygène en sautoir, et à la ceinture un revolver qu’il avait voulu refuser, mais que Rochefoux l’avait obligé à accepter – on ne savait pas vers quoi on allait descendre.
Une échelle métallique, qui ferait office d’antenne, était fixée au bord du puits et pendait dans l’inconnu. Simon mit son casque et s’engagea. On le vit disparaître dans la lumière d’or, puis dans le noir.
— Qu’est-ce que vous voyez ? cria Hoover. Il y eut un silence, puis le diffuseur dit :
— J’ai pied ! Il y a un plancher...
— Qu’est-ce que vous voyez, bon Dieu ? dit Hoover.
— ... Rien... Il n’y a rien à voir...
— J’y vais ! dit Hoover.
Il s’engagea sur l’échelle métallique. Sa combinaison était rosé. Il portait un bonnet de grosse laine verte tricotée, surmontée d’un pompon multicolore.
— Vous allez tout faire craquer ! dit Léonova.
— Je ne pèse rien, dit-il. Je suis un gros flocon...
Il ajusta son masque et descendit.
Lanson, en souriant, braquait sur lui sa caméra.